La question des bassins versants se pose particulièrement dans une ville où les rivières ont disparu ou sont noyées dans un espace urbain confus, surtout marqué par les axes routiers.
Comme le dit Pierre VERSTRAETEN (Bruxelles en Mouvements avril 2011), à partir du XIX° s., les rivières perdent leur importance au profit des axes routiers et les rocades du chemin de fer gomment les reliefs et les repères existants. Les vallées et les cours des ruisseaux sont interrompus.
Il nous faut donc les redécouvrir et faire re-découvrir
Ne peut-on les définir en trois couches : deux couches existantes, et une qui pourrait exister..
Les couches existantes
1) Couche « naturelle » fruit des temps géologiques
« Manifestations » de cette couche :
– l’eau (visible ou renvoyée à l’égout), les sources, les rus affluents, les zones humides
– le relief
– la biodiversité
Biodiversité
(partiellement)
Savoirs à mobiliser pour appréhender cette couche, pour la comprendre :
– géologie, hydrologie
Hydrologie
Science se référant au cycle de l’eau sur Terre, c’est-à-dire aux échanges et aux flux entre l’atmosphère, la surface terrestre et son sous-sol.
, paléontologie...
2) couche socio-historique », fruit de l’interaction entre humain et nature au cours des siècles
– implantation des communautés humaines, naissance des villages - et des abbayes, développement des activités économiques,
« manifestations »
– les ouvrages liés à la maîtrise de l’eau : étangs, rus canalisés (« leybeken »), rivières détournées (exemple : le Geleytsbeek à hauteur de l’Abbaye de Forest, la Woluwe au-delà de Diegem
– les micro-reliefs liés à cette maîtrise : digues, dénivelés (voir ceux qui attestent la présence d’anciens moulins)
– reliefs transformés (anciennes carrières dans la vallée du Molenbeek ou en Forêt de Soignes)
– le tracé des voiries anciennes, le dessin du cœur des villages historiques
– le patrimoine lié à l’eau
– la toponymie : nom des communes (« beek », le ruisseau, « voorde », le gué, etc.), noms de rue, lieux dits...
– les traditions qui perdurent, la mémoire collective (celle des inondations du Maelbeek)
Savoirs à mobiliser pour appréhender cette couche :
– observation des paysages
– histoire, archéologie, sociologie,
– mémoire collective
Couche que nous souhaitons contribuer à créer
3) Couche culturelle et citoyenne
– identification d’un espace à co-gérer
Au travers d’un processus qui comprend
– une prise de conscience de la réalité du bassin versant
Bassin versant
Ensemble de l’espace géographique à l’intérieur duquel les eaux pluviales s’écoulent vers un même exutoire. La limite de cet espace est défini par les points les plus élevés (crêtes) qui déterminent la direction d’écoulement. L’exutoire est généralement un cours d’eau situé en fond de vallée, mais à Bruxelles, où de nombreux ruisseaux ont été enterrés, il est souvent remplacé par un collecteur d’égout.
, sa définition, au travers de l’observation (lecture des paysages), de la recherche historique : travail de recherche, d emise en commun des savoirs et de sensibilisation
– création collective pour mettre en valeur le bassin versant la vallée
– création de liens entre quartiers, collectivités (tels que les jardins collectifs)...
