Herbiers de quartier

Ruine de Rome, renouée des Oiseaux, bourse-à-pasteur, plek-madame, herbe aux chantres

, par Michel Bastin

Qu’est-ce donc qu’une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n’a pas encore découvert les vertus ? Ralph Waldo Emerson (philosophe étasunien, 1803 – 1882

Découverte de la biodiversité du quartier

Impression d’une branche de sauge, jardin Gray

Une herbe cueillie, c’est parfois tout un univers poétique qui se révèle...

De jardin en jardin de la vallée

Ici, notre proposition était de créer un herbier du quartier, afin de découvrir et raconter des histoires des plantes, de leurs rôles au sein des écosystèmes urbains : si l’herbier, comme le cabinet de curiosités sortent les objets de leur contexte, l’observation de l’écosystème les y replace.

Grâce aux histoires des, nous découvrons les relations étroites, entre les plantes, entre elles et les animaux, entre les plantes et les humains....

Ceci nous a amené à nous intéresser aux écosystèmes urbains (une mare dans un jardin collectif, un talus de chemin de fer...).

L’herbier de la vallée a pris une forme spécifique.

Nous prélevions une plante, la pressions sur un tissu ou une feuille de papier, à l’aide d’une presse de graveur, puis passions le tissu ou la feuille dans un bain d’eau dans laquelle on aura jeté quelques cuillerées de sulfate de fer... Le résultat était souvent saisissant (voir-ci-dessous).

De tels ateliers ont été menés au courant 2014 en quatre jardins - et friches - de la vallée du Maelbeek : les jardins collectifs Gray-Couronne et Gray, la Friche Eggevoorde et le Jardin Potamoes.

Ils étaient animés par Noémie Pons-Rotbardt, artiste très présente à l’époque sur la Friche Eggevoort.

Ils ont permis d’enrichir le fonds iconographique qui aura nourri la Curieuse Balade. Certaines planches sont reproduites sur les modules de celle-ci.

L’herbier en tant que tel est évoqué par un des modules, placé comme de juste à l’entrée du Jardin Gray-Couronne. Voir ici.

Nous en avons refait l’expérience, au printemps 2016, à Forest cette fois, avec les enfants de L’association Une Maison en Plus.

Mais comme quelques images en disent parfois plus qu’un long discours...

Retrouvez ici deux albums photos de ces ateliers, immortalisés par Jean-Marie LISON :

Une visite de fin d’été au jardin de la rue Gray

Un beau dimanche à la Friche : photos des sauvages de la Friche Eggevoort, par Jean-Marie LISON (27 juillet 2014)

Atelier au Jardin Gray, septembre 2014 (photo JM LISON

Au fil des jardins de la vallée

Aubépine, Jardin Gray-Couronne

Bardane, jardin Gray

Vigne blanche, Friche Eggevoort

La clématite sauvage, dite aussi vigne blanche ou encore herbe aux gueux - une des lianes indigènes en nos contrées - on peut en faire des liens, des paniers, etc - impression faite à la Friche Eggevoort

Géranium mou, Jardin Potamoes

(Saint-Josse-ten-Noode)

Sortir de l’anonymat

On peut aussi identifier les plantes tout en laissant vivre là où elles sont.

Une idée, toute simple, nous est venue d’une artiste de Nantes : écrire à même le trottoir, là poussent des herbes folles, leur nom. Grâce à cela,, tout un univers d’histoires peut s’ouvrir au passant qui voudra s’y intéresser.

Les herbes sauvages, qu’on appelle mauvaises herbes ou herbes folles portent souvent des noms insolites, tout emprunts d’une poésie qui se réfère à l’usage que jadis, les humains en faisaient, du rapport qu’ils entretenaient avec leur environnement.

Ainsi l’herbe au chantres, une "mauvaise herbe" courante de nos trottoirs : son nom indique que jadis on l’utilisait pour soigner la gorge des chanteurs d’églises.

Au cours d’une balade en été 2015, nous avons ainsi sorti de l’anonymat quelques sauvages de nos rues...

Quelques livres pour en savoir plus sur la flore des villes

Flore des Friches urbaines, Audrey et Myr Muratet, Marie Pellaton, ls PResses du Réel, 2022

Sauvages de ma rue, Guide des plantes sauvages de la région parisienne, sous la direction de Nathalie Machon, Paris, Museum national d’histoire naturelle, 2011

Qu’est-ce qui pousse dans ma rue ?, Alexandra Maria Klein et Julia Krohmer, Ulmer, 2024