Les explorations du Maelbeek

Être curieux de son quartier

, par Michel Bastin

Une invitation à la découverte

Le territoire concerné par le contrat de quartier durable (CQD) Maelbeek est une portion de la vallée d’une rivière enfouie, le Maelbeek. L’élément urbain marquant le quartier - et objet du projet-phare du CQD - est « l’entre deux ponts », en caractérise la spécificité en tant qu’« entre deux » et que une « croisée ». Voir...

En 2014 – 2017, les EGEB ont proposé un ensemble de rencontres, de rendez-vous dans l but de créer ensemble, avec des habitant-es et acteurices du quartier l’itinéraire, le contenu et la forme de ce que nous appelions alors la Balade verte et bleue du Maelbeek.

les EGEB ont proposé une exploration du quartier de la rue Gray, portion de la vallée du Maelbeek : des balades, ateliers, visites et récoltes de toutes sortes.

Nous proposions deux notions comme axe à ce programme

 l’exploration

 la curiosité

L’exploration nous renvoie à nos lectures (ou nos films) d’enfance, mais aussi aux questions que posent l’histoire des conquêtes, du pillage, du colonialisme. Car l’explorateur de jadis ne partait en général pas en expédition juste pour découvrir ou enrichir la science. Son voyage était financé par des puissants qui en espérait, en retour, la possibilité de mettre main basse sur de richesses, voire à réduire des populations en esclavage. L’histoire des exploration est une histoire violente…

Pour autant, explorer, c’est aussi découvrir, porter intérêt à son environnement proche.

Ce qui nous amena à la seconde notion, celle de curiosité. Le mot vient du latin cura, prendre soin. Être curieux-se de quelque chose, serait-ce vouloir en prendre soin ?

A la Renaissance, de riches érudits emplissait leurs cabinets de toutes sortes de choses en grande partie du nouveau monde, œuvres de la nature ou des humains, rapportée par les explorateurs – conquérants… Tout cela relevait de l’extractivisme, du pillage…

Mais il y avait quand même parfois autre chose aussi. Un réel intérêt portée aux choses. Ainsi, le grand peintre Albrecht Dürer, découvrant des objets d’orfèvrerie venus du nouveau monde, « j’ai aussi vu les objets que l’on a rapporté du pays de l’or. Ces choses sont plus belles que des merveilles. [ ] j’ai là des choses extraordinaires et artistiques et je me suis émerveillé de la subtile ingéniosité des hommes des pays lointains, et je ne saurais dire ce que j’ai ressenti là. »

Le quartier exploré se trouve dans un entre-deux géographique et reflète un entre-deux humain, (multi)culturel et social : entre des quartiers « moyens » situés plutôt sur les hauteurs et des quartiers ouvriers, s’étendant davantage dans le creux de la vallée. Une importante activité artisanale s’y est longtemps déployée, et y est encore présente.

Notre exploration fut guidée par plusieurs thématiques 

L’attention aux vivants non-humains, plus spécifiquement à la flore. Si les routes et le rail ont perturbé les écosystèmes, aujourd’hui, les talus de chemin de fer jouent - au moins potentiellement - un rôle important de « corridors » de la biodiversité en ville. Et la biodiversité, on la retrouve aussi dans les jardins collectifs. Dans la ville dense, les jardins collectifs permettent aux citadins de se reconnecter et de contribuer aux cycles du vivants : productions potagères et compostage...

 l’observation du paysage

 une plongée dans les archives. Nous avions organisé une soirée avec des proches des EGEB qui, dans différents bassins versants, interrogent les archives locales afin d’y trouver des informations intéressantes venant alimenter leur connaissance du terrain et leurs plaidoyers.

Par la suite, la création du support nous demanda quelque attention.

[Cliquez ici -https://cloud.egeb-sgwb.be/s/yp7AfNERPx7NG2K]pour découvrir les très belles photos de notre première balade (photos de Jean-Marie LISON).

Et cliquez ici pour retrouver, plus largement, [la chronique de nos explorations→290]

Ce projet entrait dans le cadre du Contrat de Quartier Durable Maelbeek, avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale et l’administration communale d’Ixelles.