Lancement d’une pétition et d’une contre expertise

par Lucette Flandray du Comité Neptune quartier durable

Ce projet trouve ses racines en 2011 dans un conflit qui oppose alors les habitants et la Commune de Forest qui prévoit l’abattage des 216 arbres ornant l’avenue Neptune et l’ensemble du quartier. L’expertise de la Commune jugeait en effet que près de 53 % des arbres étaient malades ou vieillissants et que ceux-ci présentaient des problèmes de sécurité.

Estimant que le nombre d’arbres à abattre est surévalué, les citoyens commandent une contre-expertise. Il en ressort que seulement 21 % des arbres posent un problème (maladie ou danger) et 7 % présentent un danger immédiat. Une pétition s’opposant à ce projet d’abattage massif recueille alors plus de 800 signatures. Suite à cela, le comité décide de se faire reconnaître comme Quartier durable citoyen [1] C’est ainsi qu’est né Neptune Quartier Durable. Face à ce mouvement et en dépit de l’existence d’un permis d’urbanisme, la Commune se rétracte et demande aux représentants du Quartier Durable qu’ils élaborent une nouvelle vision pour le quartier qui tienne compte des questions environnementales.

Carte issue de la contre- expertise citoyenne. Les point noirs : arbres à danger.
Les point noirs + croix : arbres à abattre...

Cartographier les idées

Pour élaborer ce nouveau regard, Neptune Quartier Durable a organisé un Map-it Map-it Map-it [cartographiez-le] est une méthode à la fois ludique et rigoureuse de cartographie collaborative pour aider à réfléchir posément et à dialoguer sur des questions urbanistiques.
À la suite de promenades exploratoires, les ateliers Map-it proposent aux participants d’inscrire sur un fond de plan parcellaire et à l’aide d’une série d’icônes autocollantes les constats, les problèmes et les opportunités liés à la présence de l’eau dans les quartiers explorés. Pour en savoir plus.
 [2] Tous les habitants du quartier y étaient conviés. Quarante personnes ont participé aux trois promenades suivies d’ateliers durant plusieurs mois. La synthèse a été présentée au public et aux pouvoirs publics communaux et régionaux. Ce travail a fait sensation et continue de produire ses effets.

Synthèse cartographiée du quartier durable, produite par le bureau d’architecture Arkipel qui transpose les remarques et propositions des habitants. Aidés de l’animateur de Quartier Durable Citoyen, les habitants ont également réalisé une fiche détaillée par projets.

Notes

[1Bruxelles Environnement a créé l’Appel à projets « Quar- tiers Durables Citoyens » pour soutenir des projets locaux. Il s’agit d’une aide en animation, en financement, en expertise ou études. Les projets soutenus doivent être de nature collective. Ils touchent aux questions de l’énergie, de la biodiversité, de l’eau, de la convivialité, de la mobilité, etc. auprès de Bruxelles Environnement dans une dynamique constructive.

[2Inventée par des chercheurs de l’université de Genk, importé à Bruxelles par CityMine(d) et adaptée et expérimentée par Arkipel et les EGEB sur le plan hydrologique et paysager, le terme anglais « Map-it » – « cartographie-le » – est une méthode de cartographie collaborative qui utilise des auto-collants représentant des diagnostics et des projets que les participants collent sur une carte muette. Cette méthode permet d’intégrer et respecter les idées de tous. avec pour objectif de cartographier les points d’intérêts, les difficultés, les opportunités et les envies en termes de convivialité, de biodiversité, de gestion de l’eau ou de mobilité.