Hommage à Francis Hallé

, par Guy Castadot

Il s’en est allé…

Francis Hallé est mort le 31 décembre à 87 ans, un jeune âge d’arbre au long terme. Il nous laisse la charge de fêter et faire vivre l’an neuf, année après année.

Il laisse derrière lui une vie scientifique et un déplacement du regard des femmes et des hommes.

Il a inventé une façon de pénétrer la forêt par le haut révélant un foisonnement d’espèces, de symbioses, de lenteurs et de stratégies évolutives.

Il regardait les cimes des arbres, ces êtres si vivants, les pieds sur terre. Voir la vie et la poésie au-delà des nuages entre les humains qui nous coupent la vue des soleil et lune éternels.

Il expliquait que les arbres ne sont pas des objets mais des êtres vivants aux temporalités démesurées, capables d’attendre, de coopérer, de résister.

À contre-courant des discours dominants, le chercheur a toujours tenu une ligne claire : on ne sauvera pas les forêts en les gérant mieux, mais en cessant de les exploiter comme des champs de bois. Derniers chants ?

Hallé dénonçait les abattages sans foi ni loi, les coupes rases, les plantations mono spécifiques maquillées en pseudo solutions climatiques.

Sa disparition laisse un vide planétaire, à l’heure où les arbres brûlent, tombent, dépérissent sous le double effet du dérèglement climatique et de la prédation économique. Mais il laisse aussi un testament : regarder plus haut, penser plus long.

Les relations inter humaines, interdisciplinaires, les biodiversités doivent apprendre chaque jour les leçons données par et entre les arbres.

À Bruxelles, nous avons eu la chance de l’accueillir aux États Généraux de l’Eau et à une conférence à la ville de Bruxelles.

Sa lumière nous a éclairés pour respecter les arbres en ville, pour limiter les permis d’abattage.

Alternant coups de gueule, pédagogie et traits d’humour, le botaniste a poursuivi pendant des décennies un ardent plaidoyer en faveur des forets tropicales primaires quasiment anéanties par l’homme en un quart de siècle. Relisons ses livres Plaidoyer pour l’arbre, et La beauté du vivant. Et aussi ce site :

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/plantes-et-vegetaux/francis-halle-les-arbres-ne-sont-pas-programmes-pour-mourir_190278.am
Sachons écouter encore et encore ce dendrologue sublime en préservant tous les arbres et forêts en zones urbaines et rurales.

Il nous laisse le mot du vivant : amour, jour après jour , et pour toujours.

Guy Castadot du Comité de quartier Mediamark