« L’eau en Senne » était la deuxième étape du parcours artistique “Come un mare fuor d’acqua“, initié par Anna Raimondo à Milan. Suite à cette expérience, l’artiste poursuivait sa recherche liée aux univers aquatiques et à leurs traces dans l’imaginaire collectif, en orientant cette fois son travail sur la mémoire du passage de la Senne dans le centre-ville de Bruxelles.
Le parcours de la parade fut le fruit d’une recherche menée en collaboration les États-Généraux de l’Eau à Bruxelles. A la demande d’Anna, ceux-ci emmenèrent les participant-es à l’atelier, le temps d’une balade exploratoire à la recherche des traces, parfois imperceptibles, du passage de la rivière : un micro-relief par-ci, un nom de rue par là. Et le temps de raconter quelques récits, anecdotes ou étapes-clefs de l’histoire de la ville, d’évocations tragiques (l’épidémie de choléra de 1866) à celles des pratiques et métiers (la meunerie, la teinturerie) en passant par des histoires un peu oubliées (l’île aux mouches, lieu-dit appelé ainsi parce que les nombreux chevaux qui y stationnaient attiraient lesdites insectes en grand nombre...
Ces récits furent une source d’inspiration d’une balade bigarrée, animée un orchestre bruitiste composé lors d’un atelier de bruitage et création sonore public et gratuit, dirigé par l’artiste en duo avec la bruiteuse Céline Bernard.
Il en reste une vidéo témoignant du processus de création du projet – qui fut présentée lors de l’exposition personnelle d’Anna Raimondo curatée par Nancy Casielles et Nancy Suarez à la MAAC, en novembre-décembre 2016.
Traversant différentes couches du centre-ville et croisant des époques variées, habitant(e)s, touristes, curieux et curieuses sont invités à parcourir les lieux autrefois investis par la rivière et à plonger dans un univers aquatique à base d’improvisations sonores faites maison.
La balade s’acheva au « Vismet » devant la fontaine monumentale jadis érigée sur la place de Brouckère en hommage à Jules Anspach, le bourgmestre sous le mandat duquel furent effectués les travaux de voûtement de la rivière.
Anna s’était montrée interloquée de la représentation allégorique qui y est faite de la Senne, une femme enfermée sous une arche, au pied de l’impressionnant monument en mémoire du très mâle personnage.
Cela dit, ce moment plein de couleurs et de joie fut comme une invitation à sortir du double piège de l’oubli du passé ou de la nostalgie trompeuse et douloureuse que nous évoquent les images de la ville détruite
L’eau en Senne était soutenue par la BJCEM et par le programme Creative Europe, developpé en partenariat avec la Ville de Bruxelles, la MAAC, Cantieri d’Arte / La ville ouverte, EGEB et BNA-BBOT.
Voir aussi ici : https://www.radiopanik.org/actus/l-eau-en-senne-parade-sonore
