La qualité de l’expertise des communautés hydrologiques insérées dans des situations concrètes de cocréation peut fort bien se confronter à l’expertise classique et se placer en position de dialogue vis-à-vis d’elle. Sa force est d’intégrer dans la gestion de l’eau beaucoup plus d’éléments que cette dernière. Tout d’abord, les assemblages de parcelles territoriales (privées ou publiques) et des techniques à mobiliser doivent pouvoir faire l’objet de recompositions multiples, en fonction des situations justement. C’est un principe hydrologique de base. Ensuite, la force de l’expertise par la cocréation à partir de situations concrètes réside aussi dans le fait de faire exister beaucoup plus d’êtres et d’éléments qui comptent dans son étude en tentant d’associer justesse et justice. Enfin, la créati- vité hydro-socio-technique dans la production d’assemblages nouveaux, permettant de sortir de ce qui parfois apparaît comme des impasses hydrologiques, semble être sans fin. N’est-ce pas cela la résilience, cette force d’intégration fine qui se soucie du détail ?
Tout d’abord, les assemblages de parcelles territoriales (privées ou publiques) et des techniques à mobiliser doivent pouvoir faire l’objet de recompositions multiples, en fonction des situations justement.
La notion d’intégration dans la gestion de l’eau n’est pas l’apanage de Brusseau, loin s’en faut. Nul ne peut nier les étapes accomplies par les acteurs de l’eau en RBC pour s’intégrer mutuellement. Une première étape vers une intégration des acteurs a consisté en une coordination entre des structures régionales et communales (intercommunales) concernées. La Commune de Forest a joué un rôle précurseur ici, dès 2012-2013. Cette coordination s’est ensuite instituée à l’échelle régionale avec l’instauration aux termes de l’arrêté du gouvernement du 24 avril 2014 de la Coordination régionale de la gestion de l’eau. Elle s’est organisée en coordination par bassins versants bruxellois, ce qui commençait à indiquer l’importance territoriale de la gestion de l’eau face à l’historique gestion centralisée et tuyautaire. Ces rencontres ont lieu une fois par an, par bassin versant Bassin versant Ensemble de l’espace géographique à l’intérieur duquel les eaux pluviales s’écoulent vers un même exutoire. La limite de cet espace est défini par les points les plus élevés (crêtes) qui déterminent la direction d’écoulement. L’exutoire est généralement un cours d’eau situé en fond de vallée, mais à Bruxelles, où de nombreux ruisseaux ont été enterrés, il est souvent remplacé par un collecteur d’égout. et peuvent y être invités des acteurs de l’aménagement du territoire tels que Communes ou administrations régionales diverses. Mais aujourd’hui, c’est le Gouvernement de Bruxelles-Capitale qui, dans ses accords gouvernementaux, utilise la notion de GIEP. Nous ne pouvons que souscrire à une telle proposition, en la prenant au mot, acceptée dans sa triple dimension territoriale, technique et sociale et dès lors qu’elle ne se referme pas sur les acteurs insti- tutionnels seulement.
Le temps est peut-être venu pour qu’un dialogue s’établisse entre les processus émergents partant de situations locales insérées dans le concret du territoire et les dynamiques institutionnelles, plus générales : faisons de la cocréation un intérêt général
Le temps est peut-être venu pour qu’un dialogue s’établisse entre les processus émergents partant de situations locales insérées dans le concret du territoire et les dynamiques institutionnelles, plus générales : faisons de la cocréation un intérêt général. D’autant plus que nous savons que rendre le territoire plus résilient face aux inonda- tions va permettre de générer de nombreux autres bienfaits. Le maillage pluie
Maillage pluie
Maillage pluie est un terme utilisé par les acteurs publics (Bruxelles Environnement, Vivaqua, etc.) pour désigner un réseau de dispositifs de gestion alternative des eaux pluviales en zone urbaine. Dispositifs paysagers tels que des noues ou des jardins de pluie complétés par des dispositifs techniques (souterrains) tels que structures alvéolaires, revêtements infiltrants ou drains. Le maillage pluie constitue en quelque sorte un réseau séparatif et, sur le plan des objectifs et des techniques, il est assez proche des Nouvelles rivières urbaines.
et les Nouvelles rivières urbaines sont autant
de couloirs de biodiversité
Biodiversité
, d’ilots de fraîcheur, de possibilités de réduction de la pollution du réseau hydrographique et de tant d’autres choses encore, telles que la concrétisation de lien de solidarités entre habitant.e.s dans la ville ou encore la réduction des coûts.
Dès lors, autant que du dialogue, c’est le temps de l’expérimentation qui semble être venu afin que les usager.ère.s les plus faibles que sont les habitant.e.s — entre autres — puissent participer à l’aventure commune.
Dès lors, autant que du dialogue, c’est le temps de l’expérimentation qui semble être venu afin que les usager.ère.s les plus faibles que sont les habitant.e.s — entre autres — puissent participer à l’aventure commune. La segmentation institutionnelle classique en frontières administratives, en silos et en successions temporelles de commandes publiques en fonctiondes différentes phases de réalisation de projet ne permet pas de faire vivre la cocréation, de la reconnaissance et l’engagement mutuels à la cogestion des outils et dispositifs mis en place. Ce qui doit être instauré par l’expérimentation — co-pro- duit — c’est une « dynamique pont » pour fluidifier, anticiper, connecter habitant.e.s et usager.ère.s avec les acteurs institutionnels.
