Les Nouvelles rivières humaines ou l’Esprit du vallon

Petite exploration littéraire dans la Communauté hydrologique Forest nord

L’idée de Communauté hydrologique communauté hydrologique Les CH réunissent autour de questions hydrologiques des habitant·e·s et des acteurs locaux qui mettent en commun et développent leurs expertises, tant en termes de diagnostic des flux hydrologiques que de modélisation, de réalisation et de suivi de solutions aux problèmes d’inondations. Ce terme a été employé dans le projet Brusseau. Elles sont liées à la solidarité de bassin versant. , qui se fonde sur la notion de Solidarité de bassin versant Bassin versant Ensemble de l’espace géographique à l’intérieur duquel les eaux pluviales s’écoulent vers un même exutoire. La limite de cet espace est défini par les points les plus élevés (crêtes) qui déterminent la direction d’écoulement. L’exutoire est généralement un cours d’eau situé en fond de vallée, mais à Bruxelles, où de nombreux ruisseaux ont été enterrés, il est souvent remplacé par un collecteur d’égout. est, dans son fondement, propre à relier les gens. La manière dont ces liens sont créés, noués, seront travaillés tout au long du projet Brusseau en fonction des particularités de chaque situation. Nous voulons décrire ici une forme particulière de ce type de liens qui nous est apparue avec une certaine force lors des promenades et cartographies Map-it Map-it Map-it [cartographiez-le] est une méthode à la fois ludique et rigoureuse de cartographie collaborative pour aider à réfléchir posément et à dialoguer sur des questions urbanistiques.
À la suite de promenades exploratoires, les ateliers Map-it proposent aux participants d’inscrire sur un fond de plan parcellaire et à l’aide d’une série d’icônes autocollantes les constats, les problèmes et les opportunités liés à la présence de l’eau dans les quartiers explorés. Pour en savoir plus.
et autres rencontres à Forest nord.

, par Dominique Nalpas, Pierre Bernard

La question se pose dans chacune de nos Communautés hydrologiques en gestation de savoir comment mobiliser les publics de « nos » vallées. A Forest nord, l’une des idées a été pour beaucoup de rencontrer des collectifs porteurs de projets que nous qualifierons d’écologie urbaine (même si ces projets ne se qualifient pas nécessairement ainsi eux-mêmes), tels que jardins partagés, composts de quartiers, projets de verdurisation de quartiers ou de défense contre l’abattage massif d’arbres. Nous avons supposé en effet que les personnes engagées dans ce type de projets pourraient être d’assez bons relais pour des projets liés à l’eau. Il arrive que les porteurs de ces projets se connaissent, mais ce n’est pas toujours le cas. Ces promenades vont les relier. Le récit ci-dessous est une promenade imaginaire, une recomposition à partir de deux promenades-diagnostic organisées par Brusseau – réelles celles-ci – et de diverses rencontres individuelles. Afin de condenser les propos, cette narration est quelque peu romancée. Si les faits évoqués ici ne sont pas parfaitement exacts – au sens où certaines sciences pourraient l’être, ils ne sont pas, non plus inexacts. Nous les dirons anexacts dans le sens où peut-être Gilles Deleuze et Félix Guattari emploieraient ce mot pour parler de sciences vagabondes ou nomades.

Ainsi, sur le versant nord de Forest, ce sont sept collectifs qui ont été contactés et mis en lien. Ce qui avait été proposé, c’est que, lors de chacune des promenades, les collectifs en question puissent se raconter, nous dire ce qu’ils font, mais aussi préciser les liens qu’ils envisagent entre leurs projets et la question de l’eau. Bien sûr, les promenades abordaient également les projets plus institutionnels tels que ceux portés par Beliris dans les parcs Duden et de Forest ou les projets de Contrat de quartier durable Wiels-sur-Senne et autres Contrats de rénovation urbaine. Ces projets auront un impact non négligeable sur la gestion de l’eau, mais nous nous intéresserons ici essentiellement aux projets portés par les collectifs d’habitants actifs, qui se lient sans autre intermédiation que celle de la marche et de la parole, dans l’immédiateté et la connaissance mutuelle.

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