La question se pose dans chacune de nos Communautés hydrologiques en gestation de savoir comment mobiliser les publics de « nos » vallées. A Forest nord, l’une des idées a été pour beaucoup de rencontrer des collectifs porteurs de projets que nous qualifierons d’écologie urbaine (même si ces projets ne se qualifient pas nécessairement ainsi eux-mêmes), tels que jardins partagés, composts de quartiers, projets de verdurisation de quartiers ou de défense contre l’abattage massif d’arbres. Nous avons supposé en effet que les personnes engagées dans ce type de projets pourraient être d’assez bons relais pour des projets liés à l’eau. Il arrive que les porteurs de ces projets se connaissent, mais ce n’est pas toujours le cas. Ces promenades vont les relier. Le récit ci-dessous est une promenade imaginaire, une recomposition à partir de deux promenades-diagnostic organisées par Brusseau – réelles celles-ci – et de diverses rencontres individuelles. Afin de condenser les propos, cette narration est quelque peu romancée. Si les faits évoqués ici ne sont pas parfaitement exacts – au sens où certaines sciences pourraient l’être, ils ne sont pas, non plus inexacts. Nous les dirons anexacts dans le sens où peut-être Gilles Deleuze et Félix Guattari emploieraient ce mot pour parler de sciences vagabondes ou nomades.
Ainsi, sur le versant nord de Forest, ce sont sept collectifs qui ont été contactés et mis en lien. Ce qui avait été proposé, c’est que, lors de chacune des promenades, les collectifs en question puissent se raconter, nous dire ce qu’ils font, mais aussi préciser les liens qu’ils envisagent entre leurs projets et la question de l’eau. Bien sûr, les promenades abordaient également les projets plus institutionnels tels que ceux portés par Beliris dans les parcs Duden et de Forest ou les projets de Contrat de quartier durable Wiels-sur-Senne et autres Contrats de rénovation urbaine. Ces projets auront un impact non négligeable sur la gestion de l’eau, mais nous nous intéresserons ici essentiellement aux projets portés par les collectifs d’habitants actifs, qui se lient sans autre intermédiation que celle de la marche et de la parole, dans l’immédiateté et la connaissance mutuelle.

