Depuis des décennies, scientifiques et responsables politiques alertent sur une « crise mondiale de l’eau ». Un terme devenu, selon le rapport, trompeur. « Le mot “crise” suggère quelque chose de temporaire : un choc, une urgence, puis un retour à la normale. Or, dans de nombreux bassins, l’ancien normal a déjà disparu », a insisté M. Madani, qui était l’invité du point de presse quotidien de l’ONU, à New York.
« Le mot “crise” suggère quelque chose de temporaire : un choc, une urgence, puis un retour à la normale. Or, dans de nombreux bassins, l’ancien normal a déjà disparu »
Le rapport forge donc un concept nouveau : la faillite hydrique. Elle désigne un état post-crise durable, où l’usage et la pollution de l’eau ont dépassé les apports renouvelables, et où le capital naturel – nappes, zones humides, sols, rivières, glaciers – est endommagé de manière irréversible ou à un coût prohibitif.
Points clés de la faillite de l’eau (ONU) :
Irréversibilité : La dégradation des aquifères, rivières et zones humides est telle que le retour à l’état antérieur est impossible, avec des dégâts durables.
« Faillite » vs « Crise » : L’ONU préfère le terme « faillite » ou « banqueroute » pour souligner le déséquilibre structurel plutôt qu’une pénurie temporaire.
Causes : Changement climatique, surexploitation des ressources, et mauvaise gestion.
Impacts : Près de 4 milliards de personnes sont confrontées à de graves pénuries d’eau au moins un mois par an, et la demande pourrait dépasser l’offre de 40 % d’ici 2030.
Solutions : Une refonte complète des politiques publiques, des secteurs agricoles et énergétiques est nécessaire pour gérer cette nouvelle rareté.
Ce n’est pas qu’une question de changement climatique, mais c’est surtout parce que l’on "tape" de plus en plus sur les nappes phréatiques. Nos banques de l’eau s’assèchent. Il est intéressant de voir que la métaphore financière soit reprisera les scientifiques de l’ONU.
Ce qui est étonnant, c’est que l’annonce de cette faillite fasse si peu échos dans les médias. Mais nous commençons à le savoir, cela fait sans doute part de ce que l’on observe un peu partout, un retour de bâton écologique. Nous n’en ferons pas l’analyse. En attendant nous pensons qu’il est de notre devoir de continuer d’en parler.
Quelques liens
Article sur le site des nations Unies
Sur le site de Reoporterre Nous entrons dans « l’ère de la faillite de l’eau », alerte un rapport de l’ONU
L’excellente émission de France Inter : la faillite de l’eau - France au carré
United Nations University Global Water Bankruptcy
Living Beyond our Hydrological Means in the Post-Crisis Era

